Voici ma participation à une émission de Public Sénat:
https://www.publicsenat.fr/emission/1000-pays-pour-demain/en-seine-saint-denis-avec-fabien-gay-e2
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Le carnaval des animaux en péril
Un très beau projet qui allie, la musique, le théâtre, le masque, la vidéo... un spectacle total aux parfums mythologiques porté par l'ensemble "La Rêveuse". Une nouvelle version d'Orphée pour laquelle j'ai crée le masque d'Hadès en puisant aux sources des démons balinais.
Des dates de représentations sur Orléans en février: plus de précisions sur le site de l'ensemble La Rêveuse
31 janvier 2023 à 19H00 (représentation presse et programmateurs) à la Scène Nationale d'Orléans
Sylvain Lemetre a incarné avec brio et fougue le roi des enfers.
Photo de Arnaud Kehon
Avec une critique dans Diapason
Voici un article publié sur le site l'Actu.
Japon, Mali, Indonésie… Alaric Chagnard fabrique des masques à partir de ses voyages dans son atelier de Pantin. Des créations et des émotions taillées dans le bois des masques.

suite de l' article
"L'épopée d'Hermès" sur le site: L'Oeil d'Olivier

Avec L’épopée d’Hermès, Emmanuelle Laborit sort de son sac à malices un spectacle réjouissant, adapté très librement de l’œuvre de Murielle Szac, Le feuilleton d’Hermès. Quand la parole laisse place aux images et libre court à notre imaginaire, cela fait un bien fou !
L’IVT est un lieu phare de diffusion et de création pour le théâtre bilingue, malentendant et entendant, visuel et corporel. Il est unique. Il est fragile. Car la différence n’est pas toujours de mise dans notre société. Ici, c’est bien souvent à nous les « normaux » de faire l’effort de se mettre à la place de l’autre. Ici, celui qui nous est annoncé comme coupé du monde puisqu’il n’entend pas et ne peut se servir du langage oral possède enfin un endroit de culture fait pour lui. Autant le dire, à chaque spectacle de l’IVT, il me semble que le sourd n’est pas celui que l’on pense. Là où, pour la majorité dont j’appartiens, il faut les mots, la parole pour comprendre ce qui est raconté, d’autres ont su développer une faculté qui les a amenés à percevoir bien plus loin. Une image, un geste, un signe, un silence, une tension du corps où du visage leur permet de lire bien plus que ce qui est énoncé. On pourrait croire que d’assister à un spectacle de l’IVT cela demande un effort fou ! Et bien pas du tout, cela nous demande juste de lâcher prise et de se laisser porter par ce qui nous est présenté.

En s’attaquant au mythe grec, Emmanuelle Laborit n’a pas peur de nous égarer. Car il n’y a pas plus compliqué que de suivre cette filiation issue de Zeus ! On peut y paumer son latin à défaut de son grec ancien ! En s’appuyant sur l’œuvre de Murielle Szac, Le feuilleton d’Hermès, la comédienne et directrice du lieu sait que l’on ne va pas perdre notre fil d’Ariane dans ces méandres. Nous allons suivre ce drôle de petit bonhomme appelé Hermès, messager ailé voire zélé de son père, le plus grand des dieux, et des autres divinités de la mythologie. En une bonne heure, il va nous raconter sa naissance, celle de son père, celle des hommes, celle du monde. C’est du condensé ! Souvent notre mémoire se raccroche à nos souvenirs et les autres fois, on se dit qu’il serait bon de se replonger dans La mythologie pour les nuls. Mais on suit avec plaisir ce qui nous est narré sans un mot exprimer verbalement.

Elle est belle la mise en scène d’Emmanuelle Laborit où se mélange comme un ballet, le langage des signes, les images, les masques et surtout les ombres chinoises. Chaque tableau est une merveille pour nos yeux et surtout pour notre entendement. Quelques mots sont jetés sur une des trois toiles qui ornent le plateau, permettant de nous guider. Mais, là n’est pas l’essentiel Tout nous est insufflé par les magnifiques visuels, par la musique qui ne nous rentre pas uniquement par les oreilles mais aussi par le corps, et surtout par l’interprétation des actrices. Elles sont épatantes ces deux comédiennes sourdes, Julia Pelhate et Isabelle Voizeaux. Passant d’un style à un autre, théâtre d’ombres, masques, gestuel, mime, maîtrisant leur corps, leurs mains avec lesquelles elles font des prouesses, ces charmantes dames n’ont eu de cesse de nous surprendre, de nous embarquer, de nous toucher, de nous faire rire. N’hésitez pas à grimper sur les ailes d’Hermès pour vous envoler dans des contrées où l’imaginaire est à la fête ! Et si vous avez sous la main des gamins, à partir de 9 ans, amenez les avec vous, car eux, ils vont s’élever encore plus loin. C’est l’apanage de la jeunesse de ne pas se compliquer l’entendement !
L’épopée d’Hermès d’après l’œuvre de Murielle Szac
IVT, International Visual Théâtre
7 cité Chaptal
75009 Paris
Du 10 au 21 novembre 2021
Durée 1h
Tournée
du 2 au 4 mars au Bateau Feu – Scène nationale de Dunkerque
Adaptation et mise en scène d’Emmanuelle Laborit
Avec Julia Pelhate et Isabelle Voizeux
Dramaturge et oreille extérieure par Alessandro Gazzara
Créateur lumière – Samy Hidous
Créateur son – Gilles Normand
Créatrice vidéo Virginie Premer
Créatrice costumes – Louise Watts
Créateur masques – Alaric Chagnard
Créateur ombromanie – Philippe Beau
Créatrice théâtre d’ombre Aurélie Morin
Teinture des costumes – Carole Nobiron – atelier Rézéda
Habilleuse – Constance Grenèche
Regard extérieur de Jennifer Lesage-David
Crédit photos © IVT-Vincent Quenot
©2019 Tous droits réservés
Olivier Frégaville-Gratian d'Amore
Administration - Jean-Marc Eskenazi
Article du de Cristina Marino dans Le Monde
Extrait:
La comédienne et codirectrice de l’IVT a adapté l’un des romans jeunesse de Murielle Szac dans sa nouvelle création, « L’Epopée d’Hermès ».
Par Cristina Marino

Depuis son Molière de la révélation théâtrale en 1993 pour son rôle dans Les Enfants du silence, la comédienne Emmanuelle Laborit n’a jamais vraiment quitté les planches, que ce soit comme « chansigneuse » (chanteuse en langue des signes), notamment avec Dévaste-moi, un spectacle musical orchestré par Johanny Bert au Festival d’Avignon en 2018, comme metteuse en scène ou comme directrice, depuis 2003, puis codirectrice avec Jennifer Lesage-David, à partir de 2014, de l’International Visual Theatre (IVT). Situé cité Chaptal à Paris, ce lieu-ressource de la culture sourde regroupe un théâtre, un centre de formation et une maison d’édition.
C’est d’ailleurs au sein de l’IVT qu’elle présente sa nouvelle création comme metteuse en scène, L’Epopée d’Hermès, librement adaptée de l’un des quatre feuilletons consacrés à la mythologie grecque en cent épisodes par l’écrivaine Murielle Szac, Le Feuilleton d’Hermès (Bayard, 2006), un classique de la littérature jeunesse. L’objectif étant, pour la pièce comme pour l’ouvrage, de rendre accessibles aux enfants (dès 9 ans) les aventures riches en rebondissements du jeune dieu grec et de sa grande famille aux relations compliquées et houleuses (sa sœur et épouse Héra ; sa demi-sœur et amante Aphrodite ; son frère Héphaïstos ; ses parents Zeus et Maïa ; ses grands-parents paternels, Cronos et Rhéa ; ses arrière-grands-parents paternels, Ouranos et Gaïa, etc.)
Sur le plan visuel, le recours à plusieurs techniques comme la projection d’images en vidéo, le théâtre d’ombres, les masques et la gestuelle des corps vient habilement compléter la langue des signes utilisée par le talentueux duo de comédiennes sourdes, Julia Pelhate et Isabelle Voizeux.
Article sur le blog Hottello, par Véronique Hotte
Crédit photo : IVT – Vincent Quenot
L’Epopée d’Hermès, librement inspiré de l’oeuvre Le Feuilleton d’Hermès de Murielle Szac, (Bayard Jeunesse, 2006), adaptation et mise en scène Emmanuelle Laborit. Théâtre visuel en langue des signes française et en français. Dès 9 ans.
L’Epopée d’Hermès est inspirée de l’oeuvre de Murielle Szac : le périple de ce jeune dieu de la mythologie grecque, petit bonhomme pas comme les autres, interprété par deux comédiennes sourdes – Julia Peilhate et Isabelle Voizeux -, apport d’une couleur féminine à ce monde masculin.
» Le soleil se levait à peine quand Hermès sortit du ventre de sa mère. Il s’étira, bâilla et sauta aussitôt sur ses pieds. Puis il courut à l’entrée de la grotte où il venait de naître pour admirer le monde. « Comme c’est beau ! » murmura-t-il. » C’est par ces mots que débute Le feuilleton d’Hermès, jeune dieu de la mythologie grecque qui découvre le monde à la manière d’un enfant.
Dans le spectacle L’Epopée d’Hermès, Julie Peilhatemime cette mise au monde avec générosité, sourire aux lèvres et engagement complet d’interprète – corps et âme -, dans une partition sensuelle significative, chorégraphiée à la fois avec rigueur et inventivité, prête à toutes les métamorphoses, d’un port de masque à l’autre, d’une posture l’autre, d’une mimique l’autre.
En duo avec elle, Isabelle Voizeux joue des rôles divers, partenaire de scène intense, Aphrodite ou bien Héra et autres figures encore de la mythologie antique grâce à un port majestueux de reine.
Le masque de Chronos est particulièrement évocateur – grande gueule de loup dévoreur d’enfants.
Emmanuelle Laborit, auteure, metteuse en scène et comédienne, co-direcrice avec Jennifer Lesage-David de l’IVT International Visuel Theatre -, travaille le bilinguisme tel un matériau artistique de richesses et de contraintes. Elle fait fi de la voix off, une jolie aventure pour le public.
Pour la conceptrice, des questions demeurent récurrentes :
« Comment raconter ces histoires à travers le corps ? Comment les raconter avec une langue visuelle, pure et poétique ? Comment les rendre universelles, accessibles à tous ? »
Hermès s’enquiert de trouver sa vraie place dans sa grande fratrie compliquée de l’Olympe. Par ses rencontres, ses interrogations, sa curiosité et son envie d’apprendre, Il est universel. Sont présents à ses côtés Zeus, Aphrodite, Héra, Héphaïstos, Prométhée, Epiméthée, Gaïa, Ouranos, Chronos qui introduit la violence dans le monde, commettant le meurtre, et … invention de l’amour.
Hermès veut connaître à tout prix les origines de son père Zeus, par ailleurs grand séducteur.
La pièce prend son sens à travers la langue des signes, le théâtre d’ombre, le masque et le geste. Ce qui n’est pas dit est vu, les mots se transforment en une écriture visuelle, les paroles en signes.
Pour la scénographie, s’impose cette idée du morcellement dans la création progressive du monde : en patchwork, trois écrans aux formes géométriques – un cercle entouré de deux triangles ou formes cassées sur lesquels sont projetés les images vidéo de formation de la terre et de l’univers. Visions poétiques de flots sous-marins grondants, d’une mer en colère et de nuages célestes. Les écrans, quand ils redeviennent blancs, laissent apparaître un délicat théâtre d’ombre dessiné.
Ainsi, à la question d’Hermès de savoir comment a eu lieu la création des hommes et des femmes, et des animaux, un jeu s’installe sur l’écran : une valise de mots mobiles – griffes, plumes, agilité, légèreté -, mots aimantés et comme dérobés par la comédienne inspirée qui crée à vue, d’un écran à l’autre, une bête à museau et à queue, une tourterelle à plumes ou un être humain.
Une traduction libre, ouverte à l’imagination avec la respiration des corps pour le son, parfois saccadée lors d’un moment de tension ; privilège du contact des mains pour le corps qui explique ; froissement éloquent des costumes et bruitages divers, une large palette de capture des sens.
Masques éloquents et poétiques, danse des corps et métamorphoses des personnages, les interprètes de belle expressivité savent jouer des traits de leur visage comme de leurs mains agiles, dessinant dans un vif théâtre d’ombre les divers petits animaux qui habitent la terre.
Les accouchements sont l’occasion de rituels chorégraphiés et raffinés – le ventre féminin qui s’arrondit, la naissance avec la récupération du nouveau-né dans des bras affectueux et berçants jusqu’à ce que l’enfant grandisse ou bien, dans les pires des cas, soit enlevé, écarté et oublié.
Avec à la lumière, Samy Hidous; au son, Gilles Normand; à la vidéo, Virginie Premer; aux costumes, Louise Watts; aux masques, Alaric Chagnard; à l’ombromanie, Philippe Beau; au théâtre d’ombre, Aurélie Morin; et avec l’habilleuse Constance Grenèche, le dramaturge Alessandro Gazzara, et le regard extérieur de Jennifer Lesage-David.
Délicatesse des images – joie ou horreur -, la vie entière se tient à travers les deux excellentes comédiennes qui font la part belle au désir de vivre et de faire l’éloge du passage de l’humanité sur terre. La jalousie, l’envie, la cruauté, la violence et la soif de pouvoir encombrent et malmènent le monde; restent l’intelligence et l’émotion qui oeuvrent à bien se tenir droit envers et contre tout.
Un spectacle poétique et onirique – conscience existentielle d’un humanisme lucide et clairvoyant.
Véronique Hotte
Du 10 au 21 novembre 2021, le 10 à 20h, le 11 à 16h et 19h, le 18 à 19h, les 12 et 19 à 20h, les 13 et 20 à 18h, les 14 et 21 novembre à 18h à l’IVT-International Visual Theatre, 7 Cité Chaptal 75009 – Paris. Tél : 01 53 16 18 18. www.ivt.fr Du 2 au 4 mars 2022 au Bateau-Feu – Scène nationale de Dunkerque.